Dessinateur Bureau d’Études à La Cabane Perchée
Un jour, un dessin
On le devine discret, voire secret. Timide sans doute. Mais pas tant que ça. Paul Barbusse est le dessinateur de La Cabane Perchée, le croqueur de projets. Originaire d’Avignon, il a le sud dans la peau. À seulement 35 ans, il a une vie professionnelle déjà bien fournie et l’envie d’apprendre encore et encore.
La vie professionnelle de Paul, c’est un peu une course à étapes avec des contre-la-montre, des cols, des sprints et des longues distances. Qu’il soit leader ou équipier, il donne toujours le meilleur de lui-même, au service du collectif. Il se nourrit de chaque étape pour bonifier la suivante. Son truc, sans conteste, c’est le dessin. Une passion héritée de son grand-père Albert, disparu alors que Paul n’avait que dix ans. Mais, force est de constater que son héritage perdure dans les coups de crayon de Paul.
La voie des arts
Après l’obtention d’un bac S pour faire un peu comme tout le monde, Paul s’engage dans un cursus d’Arts Appliqués. Après une année de mise à niveau pendant laquelle il touche un peu à tout, il choisit l’option Design d’espace. Un choix de raison, plus qu’un choix du cœur : « J’ai hésité avec le cinéma d’animation que j’ai découvert, comme le dessin, avec mon grand-père. J’ai finalement choisi le design, un choix plus concret ». Suivent un BTS et un DU Infographie et Construction : « Je voulais tenter architecte, mais le chemin me réclamait des expériences professionnelles significatives ». Si les chemins de traverse ne sont pas les plus courts, ils s’avèrent formateurs. Sans jamais – trop – s’éloigner du design, de l’aménagement et du dessin, Paul bonifie ses connaissances au contact des autres. Opiniâtre, méticuleux, il ne saurait se satisfaire de l’à peu près.
Dessiner c’est gagner !
Ses débuts professionnels Paul les réalise à Valence, dans la Drôme, chez un constructeur de pavillons traditionnels. Il met son crayon, ses crayons, au service du bureau d’études. « Une expérience de trois années très enrichissante, se souvient Paul, avec à la clef quelque 400 projets imaginés. Le rythme était soutenu et nécessitait de la rigueur et beaucoup d’organisation. C’est formateur ». Suivra une pige d’un an dans un cabinet d’architecture, toujours dans la Drôme. Une année pendant laquelle Paul va travailler sur divers projets allant du hangar aux lotissements, en passant par un établissement scolaire et des locaux commerciaux. « J’ai découvert, ou approfondi, les aspects réglementaires et juridiques, les normes de construction… j’ai beaucoup appris également ».
On dirait le sud
Originaire de la région d’Avignon, où vivent ses parents et sa sœur, Paul souhaite faire son retour et quitte la Drôme et Valence. En quête d’un nouveau job, c’est dans la construction de maisons à ossatures bois qu’il va exercer ses talents et prendre du grade. « Nous avions plusieurs agences en France, et j’étais responsable du Bureau d’Études. J’ai coordonné une équipe de huit dessinateurs. Là aussi, j’ai beaucoup appris et notamment dans les relations humaines. Chaque projet était unique, chaque maison différente. Du sur-mesure et haut de gamme, des équipes géniales. C’est là aussi que j’ai appris le bois, ses propriétés, ses caractéristiques ». Le train est lancé sur les bons rails. « La crise Covid a changé la donne. La boîte n’a pas résisté. C’est dommage, il y avait un vrai potentiel. Mais c’est la vie ». Réaliste, mais pas résigné, Paul entend parler de La Cabane Perchée. Apt, n’est pas loin d’Avignon, sa terre. Via une annonce Pôle Emploi, il fait acte de candidature. « C’était une création de poste et les risques que cela comprend ». Un premier contrat en intérim et, quelques mois plus tard, l’embauche.
Exquise esquisse
Une cabane perchée, c’est un rêve de gosse qui prend vie. C’est sous les coups de crayon de Paul que les premières ébauches, les premières esquisses naissent, que les projets se concrétisent. Au départ, il y a une feuille blanche et un crayon de papier bien affûté, et la main. « C’est souvent Igor (charpentier et conducteur de travaux) qui fait le premier rendez-vous avec le client, chez lui. Il scanne l’arbre dans son entièreté et c’est à partir de ces images en 3D que je vais esquisser le projet au crayon, en fonction des souhaits du client. Je fais en sorte de faire le lien entre le « rêve » et la réalité, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. Il y a une partie créative, ce qui me plait énormément. C’est un travail d’équipe, nous sommes complémentaires dans ce que nous faisons. Mes esquisses deviennent des plans, précis, dans lesquels chaque détail apparaît, de la poignée de porte aux tavaillons ».



Trois questions à Paul
Depuis trois ans, vous êtes le dessinateur de La Cabane Perchée.
Est-ce différent de vos expériences passées ?
Oui et non. Oui parce que nous travaillons dans un domaine très spécifique, celui des cabanes. La fonction n’est pas la même que celle d’une habitation classique, il y a cette dimension d’arbre et de « perché ». On crée autour de l’arbre, avec l’arbre, dans un environnement naturel. Il y a des contraintes différentes à prendre en compte. Et puis, il y a une super équipe, c’est un travail ensemble. Sur un projet, nous intervenons tous. Nous sommes tous concernés.
Cela se rapproche davantage de votre formation en Arts Appliqués ?
Un peu en effet. J’ai une formation en Arts Appliqués et Design d’aménagement intérieur. Ajoutée à mes différentes expériences professionnelles, j’avoue que je me sens dans mon élément. Chaque projet est différent, c’est motivant. Il y a une part de liberté dans ce que je fais, que j’apprécie énormément.
Et dans la vie de tous les jours ? Après le boulot ?
Oulah… tellement de choses. Du dessin, de la peinture bien sûr. Je fais quelques caricatures, notamment de mes collègues. Je suis un passionné de danse, le tango argentin notamment, et là je m’essaye au rock. C’est important pour moi, pour mon équilibre, d’avoir des passions, de rencontrer des gens d’horizons différents. Je suis assez curieux. Je m’essaye aussi au modelage depuis quelques temps. J’aime bien. Tout est question d’équilibre.
Photographie : Christophe Deschanel
